Comment voyager de façon responsable?

Reading Time: 6 minutes Les voyages sont fatals aux préjugés, au fanatisme et à l’étroitesse d’esprit ~ Mark Twain Quand vous aimez voyager, et quand vous voyez les avantages du voyage sur votre âme et votre esprit, voyager de façon responsable peut sembler un peu limitatif. Et comme beaucoup de globe-trotteurs, on valorise la liberté et la capacité d’aller où on veut, quand on le veut… Cependant, c’est un peu comme aimer les fleurs et les animaux … C’est agréable d’avoir des fleurs chez soi, mais cela signifie qu’elles survivront moins longtemps que si elles restaient dans leur environnement… L’amour des animaux est une bonne chose quand il s’agit d’animaux de compagnie que vous accueillez dans votre maison. Mais quand il s’agit d’animaux sauvages, ne seraient-ils pas plus heureux dans leur environnement que dans la cage d’un zoo? Je sais, ce n’est pas un sujet simple, et mon but ici n’est pas de blâmer qui que ce soit. Certains zoos font un travail incroyable parfois… Au final ce dont il est question ici est toujours pareil: trouver le bon équilibre. Et c’est loin d’être facile! Alors comment en est-on arrivé là? Le tourisme accessible à tous Quand j’étudiais le tourisme, je me souviens que notre professeur de français parlait d’une BD appelée « Les Bidochon ». Cela illustrait comment le tourisme était devenu accessible à tous. D’un côté c’est une bonne chose, mais de l’autre, cela pourrait devenir un problème si ce n’est pas géré correctement. Le tourisme de masse Quand je vois l’Espagne, c’est l’un des meilleurs exemples de ce que le tourisme de masse a fait à l’environnement. On a voulu nous faire croire que ce serait une aubaine pour l’économie qui apporterait beaucoup d’emplois. Ce dont nous n’avons pas parlé, c’est que ce seraient des emplois souvent peu rémunérés et instables. Est-ce vraiment le genre d’économie que nous voulons? Ce que nous avons oublié de mentionner aussi, c’est que ça allait complètement gâché la beauté de la côte. Le tourisme de masse signifie constructions de masse. Mais nous ne parlons pas de belles constructions comme Chicago ou New York… Non, nous parlons de grands bâtiments laids, détruisant l’identité de petites villes comme Alicante, et autour de Malaga… Les dommages colatéraux du tourisme de masse Le paysage se dénaturalise Prenez comme exemple Torremolinos, un endroit très touristique près de Malaga, je ne comprends pas le but d’aller passer des vacances là bas… Vous y allez pour la météo et la plage, je suppose. Personnellement, si je n’ai pas d’autre choix que d’aller là-bas, alors je m’assurerais de ne pas regarder ailleurs qu’en direction de la mer … Parce que si vous vous retournez, vous ne verrez que les bâtiments qui ont complètement enlaidi la côte. C’est en fait ce que Greenpeace a dénoncé dans leur campagne Destruction at all c(o)ast.Un jeu de mots en anglais qui signifie destruction à tout prix*. * Cost veut dire coût/prix, qui ressemble à coast qui veut dire la côte. Le Monde a trouvé une version en français: L’Espagne a mal aux côtes… Le journal “The Guardian” a rassemblé des exemples pour illustrer la même chose, qui m’a poussé à chercher un exemple choquant de Torremolinos: La gentrification touristique D’un autre côté, il existe aussi d’autres cas, où le problème n’est pas tant l’inesthétisme du paysage, mais tout simplement l’affluence trop importante de touristes. Les habitants se voient obligés de quitter leur propre environnement, ce qui a pour conséquence des villes qui perdent leur âme… Exemple de Barcelone, Espagne Prenez Barcelone par exemple. La ville est devenue si touristique maintenant que lorsque vous allez dans la vieille ville, vous ne voyez que les touristes, les magasins pour les touristes, les bars pour les touristes… Je trouve ça si triste… Où sont les locaux? Eh bien, les habitants ne peuvent plus se permettre de vivre ici principalement à cause des touristes, et parce que le gouvernement n’a pas pris ses responsabilités pour éviter cette situation. Si vous parlez espagnol, je vous conseille de voir cette vidéo, expliquant pourquoi les habitants en ont marre du tourisme: Objetivo Busco Piso la Sexta Sinon, cet article du Temps résume aussi très bien la situation dont souffrent plusieurs villes d’Europe. Ce n’est pas que les habitants n’apprécient pas l’opportunité économique qui en découle, mais cela devrait être une situation bénéfique pour tous, et ce n’est pas le cas à l’heure actuelle. Exemple de Florence, Italie J’ai remarqué la même chose dans des villes comme Florence, en Italie. Pas de locaux dans la ville. Ca ressemble plus à un parc d’attraction … et Barcelone va dans cette direction aussi.. Elle perd son charme et son identité en perdant ses habitants … Certains vont critiquer que la mairie ne fait pas bien son travail. Je ne connais pas les détails, et personne ne sait ce qui se passe réellement. La maire prétend que c’est son combat depuis de nombreuses années. C’est possible, après tout ce n’est jamais aussi simple que ce qu’il y paraît. La seule chose que je peux dire, c’est que nous blâmons toujours notre gouvernement, mais nous -les consommateurs- avons un grand rôle à jouer. Nous pouvons prendre la décision de contribuer à cette économie, ou pas… Certains vont me dire que sans ce type d’économie, certaines personnes ne seraient pas en mesure de voyager et ce ne serait pas juste. Vraiment? Il y a toujours des façons de voyager plus responsables. Mais cela peut exiger un peu plus de recherche que juste naviguer sur airbnb! Que pouvons-nous faire à notre niveau? Maintenant, je travaille dans l’industrie du tourisme, et airbnb a été une opportunité en or pour les voyageurs et les habitants aussi. Mais nous devrions essayer de réfléchir un peu quand nous réservons nos vacances. Parfois, nous donnons la priorité à notre propre intérêt et nous choisissons égoïstement quelque chose de moins responsable sur quelque chose qui aurait pû être un choix plus sage. Nous nous rassurons en nous disant que ce n’est pas grave, parce que si ce n’est pas nous qui faisons ce mauvais choix, ce sera quelqu’un d’autre… Pour moi, c’est une excuse laborieuse… Et c’est avec ce types d’excuses que rien ne change. Bien sûr, ce n’est pas toujours facile de distinguer ce qui est bon de ce qui est mal. C’est là que nos gouvernements devraient assumer leurs responsabilités. Mais nous ne devrions pas être seulement guidés par nos besoins individuels. Nous devrions également prendre notre part de responsabilité et veiller à ce que nous fassions un choix plus juste. En fin de compte, l’argent a toujours le dernier mot. Nous devons choisir avec soin à qui nous le remettons quand nous réservons nos vols, nos hébergements, nos excursions. Nous pouvons nous demander: Utilisons-nous la meilleure option de transport, par exemple, pouvons-nous prendre un train au lieu d’un vol comme le suggère cet article. Si nous ne pouvons pas éviter l’avion, pouvons-nous choisir une compagnie aérienne qui tente de faire des choix plus responsables? Pouvons-nous utiliser les transports en commun? Est-ce que nos choix aident l’économie locale à long terme? Pouvons-nous manger local? L’endroit où nous restons permet-il le recyclage? Nous pouvons également prendre la parole et demander aux hôtes locaux ce qu’ils devraient nous fournir s’ils ne le font pas. C’est parfois aussi simple que cela: il suffit de dire à l’hôte ce qui manque. Il peut tout simplement ne pas y avoir pensé! L’éducation Je me souviens à Ubud, Bali, j’ai été choqué parce que les gens ne sont pas éduqués sur les dommages du plastique. J’avais ramassé une bouteille vide par terre que quelqu’un avait dû jeter, et le guide que nous avions dans les rizières me l’a enlevée des mains et la rejeta dans les champs… Il ne comprenait pas pourquoi je l’avais ramassée. Eh bien, parfois nous avons juste besoin d’éduquer les gens qui n’ont pas eu la chance d’obtenir cette information. J’ai vraiment adoré le Portugal pour cela. À Sagres par exemple, il y a beaucoup de panneaux donnant des informations sur la façon dont le plastique est mauvais pour l’environnement et combien de siècles il peut prendre pour se dégrader. J’aime nos océans et sa faune et je suis si triste quand je vois des animaux se faire tuer à cause du plastique, comme le montre si bien Chris Jordan dans sa vidéo sur les albatros. Mais ce que nous oublions, c’est que ces microplastiques finissent également dans notre assiette et dans notre système, avec toutes les conséquences que cela peut supposer… Quand je marche sur la plage -même si je sais que ça n’aide pas beaucoup- si je vois une bouteille de plastique délaissée sur le sable, je vais la ramasser pour la mettre à recycler. Je pense qu’il ya tellement de choses que nous pouvons faire à notre niveau, nous ne réalisons même pas le pouvoir que nous avons! Inspirez-vous de cet exemple d’un Hollandais qui a fait « quelque chose« , il y a des gens formidables partout, et chacun de nous peut participer à une tendance positive aussi! Please follow and like us:20 20 20 5